
Armin T. Wegner |
- c/ Témoignages allemands signalés sur le site Imprescriptible
- Parmi les témoignages allemands sur le génocide arménien, figurent ceux du Dr Harry Stuermer, d'Armin Wegner, du Dr J. Lepsius, du Dr. Niepage, de Mr Spörri, du pasteur Pfander, de Mme Friedemann, d'un témoin allemand de Malatia, d'infirmières de la Croix Rouge allemande, d'un employé allemand des chemins de fer. Et parmi les diplomates, on peut signaler : les ambassadeurs Wangenheim et Metternich, les consuls Scheubner, Rössler ou encore Kuckhoff.
- Impressions d'un Allemand, maître d'école en Turquie : Dr Martin Niepage Maître supérieur au collège (Realschule) allemand d'Alep
|
|
- d/ L'historien Vahakn Dadrian
Zur Frage einer deutschen Mitschuld/Mitverantwortung am Völkermord
an den Armeniern 1915, Dominik
Schaller
- German Responsibility in the Armenian Genocide: A Review of
the Historical Evidence of German Complicity-
Zorian Institute - Meredith
Hindley (same text in
PDF in H-Net reviews) - - Amazon.com
- Blue
Crane Books -
|
|
- Les révélations de Vahakn
Dadrian : L'Allemagne
et le génocide arménien
Par son refus persistant de reconnaître le génocide arménien, la Turquie
a jeté un voile épais sur le rôle joué par son alliée d'alors, l'Allemagne
impériale. Quatre-vingt-un ans après, le livre de Vahakn Dadrian (1)
est la première étude importante ayant trait aux "preuves historiques
sur la complicité allemande". L'auteur de la monumentale Histoire
du génocide arménien (2) utilise abondamment les archives allemandes
et autrichiennes, ainsi que des documents ottomans, qu'on ne peut suspecter
de sympathie pour la cause arménienne.
Cette étude révèle l'implication d'officiels militaires et civils allemands
en service en Turquie pendant la première guerre mondiale. Ainsi le
général Bronsart von Schellendorf, chef de l'état-major ottoman, a-t-il
personnellement signé l'ordre de déportation des Arméniens et ordonné
l'adoption de "mesures sévères de sécurité" contre les recrues arméniennes
non armées servant dans les bataillons de travail forcé turcs. De même,
le lieutenant-colonel Boettrich, chef du service des chemins de fer,
a donné l'ordre de déporter les cheminots arméniens - très peu survécurent.
Vahakn Dadrian montre également que les généraux allemands avaient une
connaissance préalable des objectifs et des conséquences de ces déportations.
Les consuls en poste dans différentes villes d'Anatolie envoyaient régulièrement
des rapports à l'ambassade allemande, informant celle-ci que "le gouvernement
turc voue les Arméniens à une politique d'anéantissement". En outre,
les généraux allemands ont participé à la préparation et à la justification
idéologiques de ces massacres. Proche collaborateur du général Bronsart
et chef d'état-major de la IIIe armée ottomane, basée dans les six velayat
de l'est du pays, où se concentrait la population arménienne, Félix
Guse a activement encouragé la déportation des Arméniens, dénonçant
ces derniers comme des "traîtres" et des "ennemis de l'intérieur".
D'autres officiers allemands ont participé encore plus directement au
génocide. A Urfa, près de 25 000 Arméniens, craignant la déportation
et le massacre, s'étaient barricadés et avaient réussi à repousser l'infanterie
turque: le commandant Wolffskeel, officier de l'artillerie allemande,
intervint et transforma leur quartier en un tas de décombres.
L'armée allemande espérait répandre la rébellion islamique dans les
territoires sous contrôle russe, britannique ou français. C'est pourquoi,
parallèlement à la déclaration du djihad (sur laquelle elle insista),
elle participa à l'entraînement et au financement d'une unité - l'Organisation
spéciale - supposée mener une guerre de guérilla dans le Caucase et
en Iran. Mais l'appel au djihad échoua et les défaites essuyées par
les Turcs sur le front de l'est empêchèrent toute activité substantielle
de sabotage. L'Organisation spéciale fut donc utilisée - contre l'"ennemi
intérieur" - comme instrument de la déportation et de la destruction
de la population arménienne.
L'Allemagne, à l'époque de la première guerre mondiale, avait les moyens
de faire pression sur les autorités turques pour sauver le peuple arménien
du génocide. Plusieurs de ses consuls conseillèrent à Berlin d'agir
dans ce sens. Mais la politique officielle allemande mit en avant la
"non-ingérence" dans les affaires intérieures turques, tout en participant
directement à l'annihilation des Arméniens.
- Notes
(1) Vahakn N. Dadrian, German Responsability in the Armenian Genocide,
Blue Crane Books, Watertown, Massachusetts, 1996, 304 pages, 25 dollars.
(2) Histoire du génocide arménien, Paris, Stock, 1996, 695 pages, 180
F.
|