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Haroutioun Ténékedjian est un rebelle, un insoumis.
Toute sa vie a été une rébellion contre l’injustice. Déjà sous l’Occupation,
en 1943, à 21 ans, il refuse d’aller travailler en Allemagne dans
le cadre du travail obligatoire. «Nombreux étaient ceux qui avaient
peur mais qui sont tout de même partis. Moi j’avais peur aussi, mais
j’étais plus tenace», explique Haroutioun. Dans un premier temps,
il se présente au 25 quai d’Orsay, suite à une convocation de la Gendarmerie
nationale d’Alfortville. Il se voit alors privé de sa carte d’identité,
celle-ci étant confisquée par les gendarmes, qui promettaient de la
lui rendre en Allemagne une fois qu’il se serait présenté pour le
travail obligatoire. Mais Haroutioun ne partira pas en Allemagne et,
en conséquence, il restera sans papiers jusqu’à la Libération.
Né en 1922 à Keremet, un petit village près de Bursa, à une époque
où sévissaient encore des massacres d’Arméniens, il a été recueilli
avec ses parents par un bateau grec; il avait trois mois. Ils laissèrent
derrière eux tout ce qu’ils possédaient (vache, moutons, terrains,
jardins d’oliviers, vignobles, nous dit-il). «Ma mère m’avait pris
dans ses bras en marchant avec mon père dans l’eau pour échapper aux
coups de sabre des Turcs», raconte Haroutioun. Il avait trois
ans quand son père décède en Grèce, et c’est en 1926 que Haroutioun
arrive en France avec sa mère.
En 1929, il entre à l’orphelinat Karagueusian,
«un bienfaiteur avec un coeur en or», qui accueillait aussi
bien les enfants des familles défavorisées que les orphelins. A
14 ans, en 1936, il quitte l’orphelinat avec un certificat d’études
d’enseignement général. Sa mère s’installe à Alfortville avec des
compatriotes de son village natal. Elle travaille bientôt dans la
confection pour survivre. Inutile de dire que la vie n’était pas
très facile pour ces réfugiés.
- Après la guerre, lorsque les sirènes de la propagande soviétique se
font entendre en vantant les «mérites» de l’Arménie soviétique, Haroutioun
décide de suivre le mouvement de rapatriement. «Je savais que l’Arménie
soviétique n’était pas parfaite, mais je me disais - même si je ne vis
pas là-bas tout à fait bien, je m’en fous, je serai au moins dans mon
pays.
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C’est à 25 ans, en décembre 1947, que Haroutioun
prend le bateau à Marseille pour partir en Arménie, avec le
second (et dernier )convoi, en laissant sa mère en France. Il
ne sera pas le seul, car environ 120 000 Arméniens de toute
la diaspora (excepté de Turquie), dont 7500 de France, répondront
à «l’appel de la patrie» entre 1946 et 1949.
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[ Le 28 août 1947. Trains
de Paris et de Lyon à la gare de Marseille.
[Photo : collection Jean Varoujan Guréghian >
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Arrivé à Batoumi (Géorgie), ce fut la douche froide
car il fut déjà prévenu par des copains de France, venus avec le premier
convoi, qui étaient là pour les accueillir. «Il faut se taire,
se serrer la ceinture et surtout ne pas essayer de s’enfuir, parce
que même un oiseau ne peut franchir le rideau de fer, me disaient-ils.
Mais dans ma tête j’avais déjà décidé de tenter un jour de passer
la frontière.»
Haroutioun s’installera près de Gumuchguès, sur la
route du lac Sevan, chez une tante maternelle, venue de France en
1936. Très vite, il constate la situation désastreuse de l’Arménie
de l’époque. C’était après la guerre, la situation en Arménie n’avait
rien de comparable avec celle de la France. Ce fut la désillusion
totale pour tous les rapatriés. A part la misère insupportable, il
y avait aussi le dur régime totalitaire de Staline et l’impossibilité
de sortir du pays
«C’était le jour et la nuit. Tout nous était hostile. Les voleurs
étaient aux aguets, ils pillaient, ils volaient. Nous faisions la
queue pendant 5 -6 heures, et lorsque notre tour arrivait, nous n’arrivions
pas à avoir notre pain… noir !» se souvient Haroutioun
Sa première tentative d’évasion se passe à Batoumi.
C’est là aussi qu’il a eu sa première confrontation avec les policiers
soviétiques. Le port de Batoumi, en Géorgie, se trouve tout près de
la frontière turque. La ville était très surveillée par la police,
l’armée et les services secrets (à l’époque le NKVD), et il fallait
un laissez-passer spécial pour y aller. En descendant du train à Batoumi,
Haroutioun n’avait auprès de lui qu’une carte géographique de la frontière
turque, qu’il laisse tomber de ses mains en voyant les policiers.
Après l’avoir fouillé et posé un tas de questions, ils lui recommandent
de quitter la ville dans les 24 heures, sinon c’était la prison. «J’ai
compris que je n’avais aucune chance du côté de Batoumi», raconte-t-il.
De retour en Arménie, pour éviter le contrôle policier,
il descend du train à Djadjour, près de la ville frontière de Leninakan
(actuellement Gumri). «C’est la Sibérie de l’Arménie, en avril
il y avait un mètre de neige», explique Haroutioun. Pendant plusieurs
jours et plusieurs nuits il marche le long du chemin de fer en direction
de Leninakan et vers cette chaîne de montagne qu’on voit de Leninakan
et qui continue en Turquie.
Mais comme il faisait nuit, Haroutioun tombe dans les marécages jusqu’aux
genoux. Il tente d’avancer quand même mais il entend soudain les aboiements
des chiens des gardes frontières.
«J’ai sorti mon couteau, je me suis accroupi, ils ont tourné autour
de moi et sont passés à quelques mètres seulement. Après, c’est une
jeep qui est venue inspecter en braquant ses phares dans tous les
sens, mais elle ne m’a pas repéré».
Un peu plus tard, à environ 500 mètres de la frontière, un berger
le voit. «Il s’est approché de moi, précédé de ses trois gros chiens.
Dans ces endroits-là tous les bergers ont des ordres de collaborer
pour arrêter les rapatriés qui cherchent à passer la frontière. Ils
ont même droit à des primes», explique-t-il. Haroutioun essaie
de se défendre en faisant tournoyer la corde qu’il avait prise avec
lui et au bout de laquelle il avait attaché une grosse pince (qui
devait lui servir à couper les barbelés).
«J’étais arrivé à la frontière, quand le berger a couru vers moi.
Avec son gros bâton il m’a frappé un coup sur la tête. Il était très
méchant. Alors, je me suis énervé et je l’ai frappé violemment avec
ma corde. C’est lui qui s’est écroulé et j’ai pu continuer à avancer.
Je suis arrivé à environ 30 mètres de la rivière Arpatchaï. En face,
de l’autre côté de la rivière, il y avait…les ruines de la ville d’Ani,
je voyais la cathédrale que j’ai reconnue en me souvenant de mes livres
de l’école Karagheusian.»
Mais, malheureusement, à ce moment il voit devant
lui deux gardes frontières russes avec leurs chiens.
Haroutioun est arrêté et embarqué à la prison de Leninakan, puis transféré
à Erevan dans les sinistres caves du NKVD, rue Nalbandian, avec l’accusation
«agression sur un citoyen soviétique et violation de la frontière».
Haroutioun finit par avouer sa tentative d’évasion. Il savait que
la peine maximale était à l’époque de trois ans pour les «nouveaux
venus».
… Les peines étaient relativement légères pour les rapatriés qui tentaient
de s’évader dans les premières années, mais elles seront beaucoup
plus lourdes quelques années plus tard et iront même jusqu’à la peine
capitale pour délit de… haute trahison ! Toujours est-il qu’en 1949,
les prisons seront déjà archi- pleines de jeunes rapatriés ayant tenté
de passer la frontière.
- «Dans les caves du NKVD, se souvient-il, il y avait avec moi des
anciens prisonniers de guerre. Les autorités soviétiques les avaient
assuré qu’ils pouvaient retourner chez eux sans crainte. Ces soldats
arméniens qui avaient connu tous les malheurs de la guerre seront condamnés
jusqu’à 25 ans de travaux forcés, pour la seule faute d’être tombé entre
les mains de l’ennemi !»
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Haroutioun sera condamné à… 2 ans de travaux forcés
! Il purgera sa peine dans le Ve camp de travail qui se trouve à Erevan
même, près de l’usine de caoutchouc. « Tous les matins on nous conduisait
sur les chantiers de construction. C’était très dur, il fallait porter
des grosses pierres avec des brancards. Certains ne résistaient pas.
» En très peu de temps Haroutioun avait compris toutes les subtilités
de la vie pénitentiaire. «Il me restait quatre jours pour être
libéré, raconte-t-il. Mais je disais autour de moi qu’il me
restait quatre mois, afin d’éviter des provocations et des bagarres
qui m’auraient fait reconduire ma peine»
En sortant de prison, Haroutioun trouve un travail,
mais l’idée de l’évasion ne le quitte jamais. Bientôt il en parle
avec des copains rapatriés comme lui de France (parmi eux un ancien
soldat d’Andranik et de Mourad). Ils se réunissent chaque dimanche
au « Marché Noir » (là où les rapatriés vendent leurs biens pour subsister).
A cette époque, les mouchards de la police secrète pullulaient, même
parmi les rapatriés, mais Haroutioun était très prudent. Il faisait
entière confiance à un copain venu d’Egypte, un ancien chimiste, travaillant
comme gardien dans une école maternelle, très instruit, intelligent
et gentil. Il loua avec lui un logement dont ils partageaient les
frais. Il lui proposa même de s’évader avec lui.
Un jour, la directrice politique de l’atelier où il
travaillait lance une provocation en direction des rapatriés (appelés
«aghpar» par les gens du pays) : «Les nouveaux venus discréditent
les Arméniens, puisqu’ils veulent s’évader de leur patrie !».
Haroutioun ne peut s’empêcher de répondre : «Ce n’est pas une patrie,
c’est une prison ! C’est pour cela qu’on s’évade !», dit-il. Sans
même se cacher, la directrice rédige immédiatement son rapport et
va le dénoncer. C’était en 1952. «Il était presque midi, mais il
fallait encore deux bonnes heures pour que les policiers puissent
m’arrêter», raconte Haroutioun.
C’est l’occasion idéale pour mettre à exécution son
plan d’évasion minutieusement préparé avec son copain. Un plan très
audacieux et original. «Mon plan était d’arriver en train au Turkménistan
et de descendre à Marri, la deuxième ville après Achkhabad, qui est
aussi une ville militaire. A Marri, il y a une ligne de chemin de
fer directe pour l’Afghanistan, mais comme elle est très surveillée
par des gardes-frontières, nous avons fait de l’auto-stop en camion
en nous dirigeant vers le sud. A 180 kilomètres de la frontière de
l’Afghanistan, nous avons continué notre route à pied. Nous étions
déjà dans le désert de Karakoum, en plein mois de juillet, il faisait
très chaud. Mon copain devenait de plus en plus nerveux, car il avait
soif. Il avait aussi très peur et décida finalement d’abandonner.»
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Haroutioun continue son chemin, désormais
seul. Il arrive dans un village où il se ravitaille un peu,
mais il tombe nez à nez sur un policier. N’ayant pas de laissez-passer,
il est immédiatement arrêté. «Je cherchais du boulot»,
répond-il aux nombreuses interrogations des policiers. De
Takhtabazar il est transféré ensuite à Marri la ville militaire
où se trouvait la prison du NKVD. La prison est surpeuplée,
il y a un lit pour deux prisonniers.
«Nié znaïou, nié panimaïou (je ne sais pas, je ne comprend
pas) » répond-il aux interrogations interminables durant deux
mois. Je n’avais pas le droit de m’allonger, de m’endormir,
même de fermer les yeux. Dès que je posais ma tête pour dormir,
Haroutioun ! Appelait le gardien. Il y avait beaucoup d’Arméniens
qui travaillaient au NKVD là-bas. Par solidarité, l’un d’eux
me frappait doucement», raconte-t-il.
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Dos de la photo de Haroutioun
: 1er Janvier 1952.
Mes baisers à ma maman.
Ton fils d'Erévan qui te manque.
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Les policiers de Turkménistan n’ont rien pu savoir
de plus sur lui. Grâce à une erreur d’orthographe sur son nom, Dénékedjian,
au lieu de Ténékedjian, le NKVD d’ Arménie n’a pas pu renseigner
les Turkmènes. Mais il est quand même jugé et condamné à trois ans
de travaux forcés, et se retrouve dans un camp de travail à Achkhabad
en juillet 1952.
Quelques mois après, en mars 1953, les haut-parleurs
du camp annonce la mort de Staline. «Nous étions contents car nous
pensions que nous allions bientôt être libérés. En effet, deux mois
après j’étais libéré.»
Mais l’obsédante idée d’évasion de l’Union Soviétique ne fait que
se renforcer de plus en plus en lui. Grâce à des renseignements obtenus
en prison par un ancien berger sur la frontière entre l’Afghanistan
et l’Iran, Haroutioun prépare un nouveau plan d’évasion. Ce nouveau
projet prévoit de traverser un désert avant d’arriver à la rivière
Tedjène sur la frontière.
Quelques temp seulement après sa libération, Haroutioun
prend le chemin du désert en pleine nuit. «Il n’y avait aucun village
sur mon chemin, aucun cours d’eau, aucune végétation. Sur la carte
que j’avais étudiée, il y avait moins d’un habitant au km2. Personne,
n’était passé par là avant moi. Pour me protéger du soleil, je creusais
le sable, je faisais un petit mur, je rentrais dedans. J’avais une
petite vareuse, je me couvrais pour que le soleil ne me tape pas.
J’ai eu de la chance qu’il n’y a pas eu d’animaux sauvages, et de…serpent
!»
Pour se repérer, il observe les étoiles, la lune, la direction du
vent. Bientôt sans eau ni nourriture (heureusement que dans les camps
il s’était entraîné à travailler sans manger ni boire), il commence
à se décourager. «Parfois je n’avais plus le moral, je pensais,
que si je voyais un paysan ou un berger, je allais me rendre. Mais
je me disais aussi: si je ne marche pas, je vais crever de faim.»
Il décide alors de tenir le coup le plus longtemps possible. A l’aide
d’un torchon propre, il ramasse et boit l’eau de pluies après une
orage et commence à manger un petit peu de verdure qu’il trouvait
sur son chemin.C’est la septième nuit qu’il commence à s’approcher
vraiment de la frontière. Il marche encore et encore jusqu’à ce qu’il
arrive à ces larges bandes frontalières ou la terre versée prend vos
empreintes, si vous marchez dessus. Mais notre fugitif est trop intelligent
pour tomber dans ce piège: «Quand je suis arrivé sur les pistes
de terre spécialement préparée pour les empreintes de pas, au lieu
de marcher en avant j’ai marché en arrière, pour faire croire que
c’est de l’autre côté, c’est de l’Iran que quelqu’un est rentré en
Union Soviétique», raconte Haroutioun.
Il restait encore les quatre lignes de barbelés à franchir.«J’ai
touché les barbelés il n’y avait pas d’électricité, alors je les ai
écartées et je suis passé à travers. Je me suis jeté du haut d’un
rocher pour aller vers la rivière. J’ai plongé dans l’eau avec mes
vêtements et traversé le torrent à la nage. Sur l’autre rive, j’étais
en…Iran !»
- Il était tombé sur un village. Après avoir été accueilli et nourri
par le berger du village (il n’avait pas mangé depuis douze jours),
Haroutioun est emmené dans un centre militaire. «Je suis français
» déclare Haroutioun en répondant aux questions des militaires. « Si
j’avais dit Arménien, ils m’auraient refoulé.» Ce qu’ils n’ont pas
su, c’est que en réalité Haroutioun Ténékédjian était réfugié arménien
et n’avait pas la nationalité française, puisqu’il n’était pas né en
France. Avec sa mère ils n’avaient jamais fait leur demande de naturalisation
Quelques jours après, Haroutioun est transféré à Téhéran, puis gardé
dans un camp avec d’autres évadés (il y avait aussi de faux évadés)
de l’Union Soviétique.
C’était en 1953, l’Iran était sous le pouvoir de Mossadegh. Des accords
existaient entre l’Iran et l’URSS selon lesquels les évadés étaient
systématiquement refoulés vers l’URSS, et c’est ce qui attendait Haroutioun.
En attendant, la prison iranienne n’était en rien comparable avec celle
de l’Union Soviétique. Les prisonniers avaient la radio, ils avaient
le droit d’acheter les journaux, de circuler d’une cellule à l’autre,
de parler entres eux, etc.). Heureusement pour Haroutioun, le pouvoir
de Mossadegh devenait de plus en plus instable en Iran et le shah allait
revenir en force. Grâce aussi à une grève de la faim et à des bakchichs,
Haroutioun parvint enfin à correspondre avec sa mère restée en France
Dans les lettres écrites à sa mère, Haroutioun avait expliqué qu’il
était considéré par les Iraniens comme un espion soviétique et avait
demandé de faire le nécessaire pour le faire libérer. «Les Iraniens
n’avaient pas la preuve que j’étais de nationalité française. L’ambassade
de France n’arrivait pas à le confirmer, mais ne donnait pas une réponse
négative non plus.»
En réalité, la France refusait de lui accorder le visa d’entrée, malgré
les multiples demandes faites par l’avocat de sa mère.
- Haroutioun arrive en France le 7 décembre 1955, après huit années
de souffrances, après tant de déceptions et de vains espoirs. Miraculeusement,
il a eu la vie sauve, contrairement à d’autres. Il aura passé cinq ans
au Goulag soviétique, et près de trois ans dans les prisons en Iran.
En tout, huit années gâchées de sa vie.
En France, il travaille et cherche à gagner tranquillement sa vie. Il
est apiéceur comme en Arménie. Mais il est dénoncé de la part de « certains
membres » de la communauté comme un… espion soviétique ! Un jour, son
patron lui dit : «Tu sais, les inspecteurs de police sont venus et
ils ont demandé si tu es communiste et espion»
Mais les dénonciations de ce genre ne l’impressionnent pas : «Jje
n’ai jamais fait de politique… je suis un peu rebelle, révolté de tout
ce qui ne me plaît pas», explique-t-il.
Révolté en Arménie où tout allait très mal et où tout était difficile,
révolté pour les injustices rencontrées au quotidien, ou plus grave,
quand on ne respecte pas le souvenir de nos martyrs.
C’est comme ça qu’il se bat depuis des années pour le monument érigé
par la municipalité d’Alfortville à la mémoire des victimes du génocide
arménien actuellement entouré de… poubelles !
- Haroutioun Ténékedjian n’est jamais retourné en Arménie. Mais il aime
la musique arménienne (qu’il entendait souvent à la radio dans les camps
de Turkménistan), les anciennes églises, et l’architecture arménienne
en général qui est la «plus belle du monde», et il pense que
le premier pays à visiter avant la Grèce et l’Égypte, devrait être...
l’Arménie !
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