Monsieur le Député,
Monsieur le Député,
Etant Président du Groupe parlementaire d'amitié et d'études France-Turquie, vous avez exprimé votre opposition à la proposition de loi pénalisant le négationnisme du génocide arménien de 1915 qui passera au vote demain : en expliquant que la Turquie musulmane est un pays laïc et qu'il faut défendre les intérêts de la France en Turquie.
Peut-être faudrait-il préciser que la Turquie -qui s'est structurée dans un négationnisme d'Etat- n'est pas un pays laïc mais un pays laïciste qui assujetit la religion au service de son idéologie ultra-nationaliste, le kémalisme.
Défendre les intérêts français en Turquie, est-ce céder au chantage commercial de la Turquie ou est-ce chercher à développer d'autres intérêts dans ce pays en vendant par exemple du matériel militaire ? Les intérêts de la France (pays de notre enfance) le seraient-ils donc en occultant un crime imprescriptible, de tolérer son négationnisme et de chercher à banaliser ce dernier ? Ce serait revenir à l'Ancien Régime où on développait les intérêts de la France dans un commerce lucratif entre continents : en occultant cet autre crime contre l'Humanité qu'était la Traite négrière.
C'est ainsi que notre Centre de recherches a lancé un appel citoyen aux Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais , qui sont des descendants d'esclaves et qui sont à même de comprendre la lutte des descendants des rescapés d'un génocide impuni et non reconnu par l'Etat héritier.
Veuillez trouver ci-dessous le texte de notre appel que nous avons fait connaitre aux instances morales, politiques et médiatiques des Départements d'Outre-Mer.
Nous vous prions d'agréer Monsieur le Député l'expression de nos sentiments distingués.
Jean-Claude Kebabdjian, Président-Fondateur du CRDA
Nil Agopoff chercheur au CRDA
Copies en particulier :
- à diverses instances culturelles, religieuses, morales, politiques et médiatiques du département du Maine-et-Loire