- Sur
cette mappemonde arménienne, l'Océan atlantique est toujours
nommée l'Océan éthiopien (c'est-à-dire
l'Océan d'où venaient les Noirs) qui était la première
dénomination utilisée par les géographes européens
avant la découverte du Nouveau Monde.
Le qualificatif "éthiopien" donné à l'Océan
(atlantique) se référant aux Noirs devait... être
changé dans l'inconscient du bourreau européen et
ne pouvait durer face à la toute puissance de la Traite négrière
: le "commerce" des esclaves et leur exploitation dans les
plantations et les raffineries étant à l'origine du grand
capitalisme international avec les banques, les assurances, etc.
- Ici aussi, à cause d'un génocide
passé, nous avons un exemple de changement d'un nom géographique:
gommer ainsi toute trace rappelant le souvenir de la victime qu'on a
essayé de déshumaniser comme dans le cas de 1915.
- Il y a des spécifités pour
chaque génocide, mais on peut dire qu'il y a une fonction génocidaire
générale : y = f(x) . On y retrouve les différentes
phases ou facettes : idéologie, préméditation,
planification, codification, exécution, déshumanisation,
déni, élimination des traces et des preuves, négationnisme,
révisionnisme, mutisme, occultation, omission et autres actions
à vouloir changer le sens de l'évènement passé.
- Hélène
Piralian parle de "Structure génocidaire". Voici sa
définition :
"Un projet génocidaire consiste à programmer la destruction d'un groupe
humain en son entier, de son origine à son devenir. Au-delà du meurtre
des vivants, il s'agit de détruire les fondements mêmes qui constituent
ce groupe : ses bases symboliques. Il est question de bloquer ainsi
toute possibilité de transmission généalogique. En place de cette transmission
et en son défaut, la structure génocidaire est ce qui, dans le cadre
d'une telle destruction, organise dès lors les sujets de ce groupe."
- Déjà par
.
les millions de personnes
tuées lors de la déportation de la Traite négrière
.
et par l'inhumanité de cette déportation,
(déplacements forcés d'enfants, de femmes, de vieillards, déportations de civils et travaux forcés jusqu'à épuisement, traitements de déshumanisation programmée, crimes sytématiques contre l'Humanité en préméditation et exécutés sur une grande échelle -selon une idéologie raciste...),
on peut
dire qu'avec de telles méthodes employées et leurs ravages en conséquence, l'esclavage faisait parti d'un projet génocidaire. Si
l'on prend le mot destruction dans le sens dé-structuration
et non seulement d'anéantissement ou d'extermination, la définition
du projet génocidaire s'applique à l'esclavage. Voilà
pour ce qui est la définition habituelle du génocide.
- Hélène Piralian donne aussi
une autre définition du mot génocide : un génocide
brise la chaîne généalogique et chasse la Mort (qui
est ce chainon naturel qui relie une génération à
l'autre) par le meutre collectif prémédité.
Cette définition nous amène à réfléchir
aussi pour le cas de l'esclavage : car faut-il le rappeler, le représentant
britannique à la Conférence
mondiale contre le racisme à Durban présentait ce
"commerce" comme "une tragédie"et non comme
un crime contre l'humanité !
- En effet, si l'extermination physique des personnes captives par meurtre prémédité
n'était pas la finalité de l'esclavage, cependant la finalité
de l'esclavage était de chosifier les esclaves : "esclave"
(un mot codifié et banalisé), qui à l'origine, était une personne capturée et déportée
à cause de critères de "races".
- D'autant plus que le mot génocide est de même racine étymologique que "génétique", "gènes". Avant d'exterminer les personnes physiques d'une catégorie raciale, pour un génocide il s'agit étymologiquement d'exterminer les gènes humains symboliquement : ce qui correspond à la réalité historique. En effet pour les esclavagistes, il s'agissait alors de transformer des personnes captives en esclaves qu'on cherchait à dénuer d'humanité, de les transformer en force animale, en bétail, en mobilier : tout cela codifié selon le Code Noir de Colbert. La finalité ultime de la Traite négrière et de l'esclavage était ainsi de chosifier l'Homme pour sa marchandisation -en commençant par détruire symboliquement ses gènes humains. Dans ce sens premier étymologique, la Traite négrière et de l'esclavage sont de nature génocidaire.
- Une telle réflexion comparée
sur ce génocide non reconnu pourrait-il aider les Arméniens
(et les Turcs?) à sortir de leur propre enfermement génocidaire?
Cela pourrait y contribuer, nous l'espérons.... En tout cas,
comme nous l'avons vu l'année dernière à Durban,
l'Arménie et les pays africains sont côte à côte
dans ce combat pour la condamnation mondiale des crimes passés
contre l'humanité.
- Nil V. Agopoff
|
- En cours de transcription : dans le 3ème tiers de la vidéo, à 1:03:00
- Intervenant (martiniquais) : Une fois que cette langue est trouvée, ce transfert s'est opéré, est-ce que cela ne devient pas..
une fois qu'on a pu parlé, exprimé, est-ce que cette parole est ecoutée, ou est-ce qu'elle reste encore un ajout à la langue du pays,
un enrichissement dans la langue du pays ?
- Janine : - Il
|